mercredi 29 février 2012

Les salariés sont mobilisés, mais ne savent pas contre quoi.

C'est frappant de constater qu'une très forte majorité de salariés qui sont appelés à se mobiliser aujourd'hui ne connaissent pas les tenants et les aboutissants de ce qui se trame au niveau européen, et qui conduit à l'austérité généralisée.
Après notre prise de parole du jour, avec nos camarades du syndicat, nous avons été interpellés par des salariés qui semblaient ne pas comprendre le motif de l'appel à la grève.

Certes, il fallait une fois de plus se mobiliser contre un énième plan de rigueur qui prenait cette fois la forme d'un chantage à l'emploi avec les accords emploi-compétitivité, une vieille habitude maintenant ; déjà avions nous dû demander à notre direction d'entreprise qu'elle prenne à sa charge la hausse de nos mutuelles. Qu'il fallait faire valoir notre mécontentement de cette nouvelle hausse programmée de la TVA, mais se mobiliser contre un nouveau traité européen ne semblait pas être quelque chose dont ils avaient entendu parler.

Nous avions pourtant écrit plusieurs fois dans nos tracts que le traité regroupait deux textes très liés.

Le premier qui impose une politique d’austérité en violant un principe démocratique fondamental qui est le droit souverain des parlements nationaux en matière de maitrise de leurs budgets respectifs. Le second, son bras armé puisqu'il conditionne toute éventuelle aide de l'Europe aux pays en difficulté.

De résumer qu'en fait avec l'adoption des deux textes, il était surtout question de règles budgétaires qui peuvent poser problèmes dès lors qu'un pays rencontre des difficultés. Que ces nouvelles règles interviennent pour se substituer à la souveraineté nationale pour appliquer une rigueur qui deviendrait obligatoire.

Que nous étions en train de graver dans le marbre les règles de chantage que la gouvernance Européenne "Merkozy"  faisait subir à la Grèce.

Alors je m'interroge sur cette campagne électorale, qui impose à l’électorat des sujets, en évitant soigneusement d'autres. De constater que les petites attaques des militants du net sur l'abstention des socialistes de l'adoption de ce traité n'avaient pas d'échos. Et que peut être était-ce aussi parce que ces attaques étaient trop virulentes pour être honnêtes, que nous n'entendions pas assez qu'une alternative était proposée, qu'une autre gouvernance de l'Europe était possible.

Que ces règles ne pourront être appliquées en France qu'après ratification, et qu'en cas de victoire de la Gauche à la Présidentielle, aux législatives en Juin, Angela Merkel serait obligée de négocier avec la France.

Imposons un vrai plan de relance Européenne par des investissements, des obligations Européenne pour relancer et garantir des emplois de qualité.
Exigeons une taxe sur les transactions financières pour contribuer aux politiques d’investissements
Exigeons une harmonisation des impôts sur les entreprises siégeant en Europe afin de mettre fin au dumping social et salarial.

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