Accéder au contenu principal

Laurent Berger isole un peu plus la CFDT

Au moment où la CGT a voté sa résolution le "syndicalisme rassemblé", le nouveau leader de la CFDT déclare ne pas vouloir défiler avec la CGT le 1er Mai. Quelle honteuse stratégie que de vouloir écarter médiatiquement le premier syndicat de France en terme de représentativité qu'est la CGT.
La fougue, la jeunesse, le manque d’expérience du jeune dirigeant n'excusent pas tout, se rend t-il compte qu'il isole un peu plus la CFDT ?

Une stratégie perdante

Si ça peut satisfaire dans un premier temps ceux qui ne sont pas toujours en accord avec les positions de la CGT, il faut connaitre et bien comprendre ce qu'est le syndicalisme. Une organisation syndicale seule ne peut rien ! Peut-être dans quelque cas où le syndicat est majoritaire au sein d'une entreprise, mais en général, les organisations syndicales sont obligées de s'entendre. Que ce soit pour le vote d'un budget de Comité d'Entreprise ou des négociations salariales par exemple, la plus part du temps il faut des plateformes revendicatives, des propositions communes.

C'est la stratégie adoptée lors du 50ème congrès de la CGT, par le vote de la résolution "syndicalisme rassemblé", la commission exécutive nouvellement élue (56 membres avec autant d'hommes que de femmes et renouvelée à 42%) cherchera malgré les difficultés rencontrées à favoriser les convergences d'actions, du local à l'international, chaque fois que cela est possible. Dès lors, si les convergences se font avec d'autres organisations syndicales, et c'est ce que cherche à faire au quotidien tous les syndicats, la CFDT par la voix de son leader montre exactement ce qu'il ne faut pas faire.

Pourquoi ? Il aurait déclaré que les deux confédérations "vivent une période de tension" faisant référence à l'opposition sur l'accord pour l'emploi du 11 janvier 2013, accord signé avec le MEDEF qui doit être traduit dans la loi.
Et de se plaindre d'avoir été insulté "Quand on se fait traiter de traître, de collabo, de renégat, je considère que ce sont des insultes" lors du congrès de la CGT.

Il faut donc rappeler que la résolution "syndicalisme rassemblé" a été adoptée à plus de 85 % et qu'effectivement il y eu quelques mouvements d'humeur à l'encontre de la CFDT, ce qui n'est pas chose nouvelle. Tout ne peut être maîtrisé dans ce genre de Congrès, mais revenir sur des épiphénomènes et faire croire que ce fût le reflet de l'ambiance de ce congrès est un mensonge,  ça relève même de la petite manipulation de bas étage.

Mon sentiment est que cela relève plutôt d'une stratégie de communication dans le but de se "refaire" dans l'opinion, car effectivement le ressenti des gens est plus que négatif à l'encontre de ce syndicat. Mais c'est clairement un mauvais choix au moment où Thierry Lepaon, premier secrétaire général de la CGT, première organisation syndicale de France, cherche au contraire à apaiser les esprits.

Du coup quitte à apparaître sectaire et incompréhensible, le leader de la CFDT va jusqu'au bout de sa démarche en indiquant "La direction de la CGT veut un syndicalisme rassemblé. Le syndicalisme rassemblé ça ne se proclame pas de façon unilatérale, ça se construit."
Et là c'est carrément drôle, en usant de ce "coup médiatique", ce monsieur se perd dans ses contradictions, il veut construire en excluant...

Monsieur Berger semble oublier qu'au delà des militants, les salariés de ce pays l'observent eux aussi. Nous ferons nos comptes...

Commentaires

  1. Je suis saoul ou tu as changé les couleurs récemment ? (pas encore lu le billet, je repasse plus tard).

    RépondreSupprimer
  2. C'est bizarre, à chaque fois qu'un nouveau leader de la CFDT débarque (au niveau national s'entend), on se dit qu'il ne peut être pire que l'ancien (déjà Notat...) et puis, finalement, si. Là, ça risque d'être un peu plus compliqué.

    A peine arrivé, notre ami Berger fait très fort : il conclut un accord avec le MEDEF dont même la droite n'aurait osé rêver (bientôt validé par la vaste majorité des députés PS à l'assemblée suivie sans doute d'un bon tiers de l'UMP et de la plupart des députés UDI) mais en plus, il continue dans la provoc' (parce que le drapeau brûlé par quelques militants CGT ce n'était pas finaud finaud, c'est vrai mais le petit clip qui en mettait plein à la gueule à ce même syndicat et à FO pour défendre l'ANI, ça ne valait guère mieux)

    Heureusement que dans certaines entreprises, les syndicalistes CDFT font bien leur boulot sinon à ainsi maltraiter les salariés, on finirait presque par se demander si la direction nationale ne fait pas de l'entrisme pour le MEDEF...
    Nouvelle hémorragie en vue ?

    RépondreSupprimer
  3. "Nos militants ne veulent pas se faire insulter une semaine et aller manifester avec la CGT une autre semaine" c'est la raison

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Modérez vos commentaires !

Posts les plus consultés de ce blog

[Copé doit virer] Vers une raclée historique de la droite

J'écrivais en commentaire d'un billet du blog "Partageons mon Avis" que Copé fait du Sarko. Qu'il faudrait continuer à dénoncer cette façon de faire de la politique, et que cela explique selon moi en partie les raisons de la défaite du président sortant. Que cela pourrait expliquer l’échec de la droite aux prochaines législatives de Juin.

Copé n'a pas sa place à la tête de l'UMP

La "droitisation" des discours des leaders de la droite dite républicaine, dans l'espoir de récupérer l'électorat du Front national, est un flagrant échec, et persister dans cette stratégie est une grave erreur.

Je me demande si J-f Copé a bien sa place à la tête de l'UMP, quand il accuse les français fêtant la victoire de F.Hollande de ne pas porter assez de drapeaux français !? Qu’espère t-il encore sinon de se rabaisser à tenter de récupérer une fois de plus l’électorat de Marine le Pen. C'est juste lamentable. Faut-il rappeler que ce vote d’extrême dr…

Moins on en sait, mieux c'est...

Je rentrais du boulot quand j'ai entendu cette annonce à la Radio : le nouveau programme de sciences économiques est en consultation, et "le chômage" disparait des manuels scolaires.

Alors une fois rentré, je m'installe devant le clavier et tente de me renseigner.

Et j'apprends que le nouveau programme de seconde en sciences économiques et sociales (SES), est à l'étude jusqu'au 12 Mars par le ministère de l'éducation nationale. Il est question d'enlever des thèmes abordés par les professeurs, qui font l'objet d'explications aux élèves sur les questions de société, d'emploi, de discrimination, de précarité, des inégalités de revenus, de la valeur ajoutée et sa répartition ou encore des conditions de travail...

L'association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), déplore que"le ministère ait demandé d'enlever des questions comme la discrimination à l'emploi ou le chômage et imposé deux fois celle du ma…

L'avenir/la fin du nucléaire est avant tout politique

300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l'océan Deux ans après la catastrophe de Fukushima, on cherche mois après mois à estimer la quantité d'eau contaminée qui se déverse dans l’océan pacifique.  On sait très exactement l'estimer, mais la pression est forte au Japon depuis les dernières élections de décembre dernier pour minimiser l'impact. Face à l’inquiétude de la population et la mobilisation des associations anti-nucléaire, le gouvernement Japonais a officiellement communiqué ce 7 Août, le chiffre de 300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l’océan. C'est la veille, que la NRA, l'autorité de régulation nucléaire Japonaise, déclarait Fukushima en "situation d'urgence".
C'est donc contraint que le nouveau premier ministre Shinzo Abe , a admis "un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population"il ne pouvait dire moins que ça ! Issu du Parti libéral-démocrate de droite, il prône le redé…