Accéder au contenu principal

Contrat de génération, l’échec annoncé d'un coup politique

Ils sont mauvais. Droite, gauche, de tous les courants politiques, ils ne sont pas nombreux à proposer des idées, des mesures en phase, une idéologie qui rencontre les attentes, les besoins auxquels aspire l'opinion publique. Au gouvernement comme dans l'opposition, ce sont les mêmes sérénades qu'on nous propose.

Quelques exemples de l'actualité récente étayent ce constat. Aujourd'hui je veux parler de la "vraie fausse bonne idée" qu'est le contrat de génération de François Hollande.

Sur le front de l'emploi, F.Hollande insiste et répète avec insistance qu'il réussira à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année, ce que tout le monde souhaite. Mais quand il déclare encore dimanche dernier lors d'un JT de 20h, "On est tout prêt du but", jugeant que la mise en oeuvre de dizaines de milliers d'emplois aidés commence à porter ses fruits, ça frise le manque de réalisme, pour ne pas dire plus.

Techniquement c'est possible, mais les derniers chiffres des leviers actionnés et dont on espère qu'ils permettront la baisse escomptée, tels que ceux des emplois aidés, montrent que le compte n'y est pas[*]. L'échec est cuisant sur le contrat de génération, le gouvernement espérait voir signés100 000 contrats en un an, à peine 10 000 le sont, les contrats d'avenir sont également à la peine.

Rapidement, le dispositif est orienté vers les PME de moins de 300 salariés qui ont la possibilité d'attendre un accord de branche à la place d'accord d'entreprise.
A l'inverse, dans les grandes entreprises, où la mise en oeuvre du dialogue social est plus courante, les accords d'entreprise sur le contrat de génération sont signés, mais on préfère bien souvent les pénalités -10% d’allègement de charge sur les bas salaires, puisque il n'y a pas souvent une grande proportion de ces bas salaires dans ce type d'entreprises.

Si l'objectif de ce contrat de génération est bon, sa mise en oeuvre est ringarde. Voilà l'exemple typique du coup politique qui pourrait répondre à de vraies attentes, ici le chômage des jeunes et des seniors, mais qui ne rencontre pas le succès parce qu'il a été mal traduit dans les textes.

Ils sont mauvais.

[*] Au 2e trimestre 2013, le taux de chômage en France métropolitaine s'élève à 10,5%, en hausse de 0,1 point sur 3 mois et de +0,7 point sur 1 an.

Commentaires

  1. Ouep.
    Si les patrons ne jouent pas le jeu.
    Et avec leurs envies de produire autant avec moins de personnel, c'est pas prêt de s'arranger.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'incitation a ses limites, faut les obliger.

      Supprimer
  2. Ils sont plus que mauvais : ils sont néfastes à toutes les idées qui constituent la gauche française. Ce jacobinisme parisien, ces gambettes au patronat, ce pseudo-marxisme vidé de toute sa substance... rien dans ce qu'organise ce gouvernement ne présage du bon.
    Alors que faire ? La résignation ou la lutte ?
    Et quelle lutte ? Dans quel contexte ? Faut-il réinventer le socialisme ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonnes questions Selune.... mais si on ne peut attendre des "grands changements" escomptés par F.Hollande, j'ai quand même l'impression qu'un changement de mentalité s’opère au sein de nos sociétés...(trop)doucement (protectionnisme économique, dumping fiscal, etc..) de toute façon nous y sommes obligés à moins d'accepter que la France continue à s'appauvrir....

      Supprimer
  3. Il n'y a malheureusement pas que les contrats de génération qui sont mauvais : tout est mauvais, de la réforme des retraites à la politique sécuritaire François Hollande met ses pas dans ceux de Sarkozy, et nous devrions nous réjouir parce qu'elle est menée par un homme qui se prétend de gauche ?

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Modérez vos commentaires !

Posts les plus consultés de ce blog

[Copé doit virer] Vers une raclée historique de la droite

J'écrivais en commentaire d'un billet du blog "Partageons mon Avis" que Copé fait du Sarko. Qu'il faudrait continuer à dénoncer cette façon de faire de la politique, et que cela explique selon moi en partie les raisons de la défaite du président sortant. Que cela pourrait expliquer l’échec de la droite aux prochaines législatives de Juin.

Copé n'a pas sa place à la tête de l'UMP

La "droitisation" des discours des leaders de la droite dite républicaine, dans l'espoir de récupérer l'électorat du Front national, est un flagrant échec, et persister dans cette stratégie est une grave erreur.

Je me demande si J-f Copé a bien sa place à la tête de l'UMP, quand il accuse les français fêtant la victoire de F.Hollande de ne pas porter assez de drapeaux français !? Qu’espère t-il encore sinon de se rabaisser à tenter de récupérer une fois de plus l’électorat de Marine le Pen. C'est juste lamentable. Faut-il rappeler que ce vote d’extrême dr…

Moins on en sait, mieux c'est...

Je rentrais du boulot quand j'ai entendu cette annonce à la Radio : le nouveau programme de sciences économiques est en consultation, et "le chômage" disparait des manuels scolaires.

Alors une fois rentré, je m'installe devant le clavier et tente de me renseigner.

Et j'apprends que le nouveau programme de seconde en sciences économiques et sociales (SES), est à l'étude jusqu'au 12 Mars par le ministère de l'éducation nationale. Il est question d'enlever des thèmes abordés par les professeurs, qui font l'objet d'explications aux élèves sur les questions de société, d'emploi, de discrimination, de précarité, des inégalités de revenus, de la valeur ajoutée et sa répartition ou encore des conditions de travail...

L'association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), déplore que"le ministère ait demandé d'enlever des questions comme la discrimination à l'emploi ou le chômage et imposé deux fois celle du ma…

L'avenir/la fin du nucléaire est avant tout politique

300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l'océan Deux ans après la catastrophe de Fukushima, on cherche mois après mois à estimer la quantité d'eau contaminée qui se déverse dans l’océan pacifique.  On sait très exactement l'estimer, mais la pression est forte au Japon depuis les dernières élections de décembre dernier pour minimiser l'impact. Face à l’inquiétude de la population et la mobilisation des associations anti-nucléaire, le gouvernement Japonais a officiellement communiqué ce 7 Août, le chiffre de 300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l’océan. C'est la veille, que la NRA, l'autorité de régulation nucléaire Japonaise, déclarait Fukushima en "situation d'urgence".
C'est donc contraint que le nouveau premier ministre Shinzo Abe , a admis "un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population"il ne pouvait dire moins que ça ! Issu du Parti libéral-démocrate de droite, il prône le redé…